Jean Pierre Bach nous envoie une
photo de l'araire qu'il a conservé de ses ancêtres du village de Bouysse de
Naves, en nous apportant les précisions suivantes :

J'ai placé une seconde "rilhe" à coté de l'araire.
Il s'agit d'une barre de fer de section approximative 3cm X 2cm et de 50 à 70
cm de long que le forgeron appointait régulièrement.
Celle qui est posée à coté de l'araire et qui a du servir d'outil pour de
nombreux usages est largement émoussée (ou bien est neuve et n'avait jamais
été apprêtée par le forgeron?)
Par contre celle qui est en place sur l'araire, bien que très rouillée, est
beaucoup plus affutée et porte les traces du travail effectué par le
forgeron qui en a "applati" l'extrémité pour la rendre plus
tranchante.
Je pense qu'à l'origine, la"rilhe" devait être la SEULE pièce métallique
de l'araire.
La rilhe est maintenue en place "coincée" entre le corps de labour
en les pièces de bois qui forment le "mancheron" par un coin: Sur
cette araire, le coin est effectivement métallique. (Plus forte section : 3cm
X 3cm, longueur environ 20cm. Je ne sais pas si ce coin a toujours été métallique
ou si à l'origine il n'était pas seulement en bois dur.)
La rilhe a deux extrémités: Lorsqu'une était émoussée, le laboureur avait
la possibilité de la démonter et de la retourner pour utiliser l'autre extrémité.
Sinon, les rilhes émoussées n'étaient pas "affutées" par enlèvement
de matière: Le forgeron chauffait les pointes à la forge et les reforgeait
au marteau, puis, sans doute, trempait le métal pour le durcir.
La fabrication du "corps de labour" en bois est tout à fait étonnante:
il y a plusieurs pièces de bois (dont sans doute des "pièces
d'usure" qu'il fallait remplacer régulièrement) qui sont assemblées au
moyen de "rivets" en bois: Il s'agit de chevilles fendues, avec un
coin en bois inséré à force dans la fente. Une fois l'assemblage
"solide", l'artisan coupait la cheville et la cale au ras de la pièce
d'usure.
L'age (pièce de bois qui sert à tirer l'araire, et sur laquelle on attelait
les animaux de traction) de cette araire a malheureusement été "félé",
et une réparation sans doute plus récente a été faite par deux pièces
metalliques de renfort boulonnées de part et d'autre de l'age.
